Comme des centaines d' autres Jef Sleeckx a donné la 
dernière honneur à Georges Debunne hier à Uccle. Jef nous a envoyé un dernièe salut:
Cher camarade Georges,
En tant que jeune gaillard, j’ai suivi à la radio et la TV avec beaucoup d'intérêt tes débats acerbes et très instructifs avec, entre autres, le patron de la CSC, Jef Houthuys, Raymond Pulinckx, légendaire patron de la FEB et le Premier ministre de l'époque, Wilfried Martens.
J’étais à chaque fois impressionné par ton énorme connaissance des dossiers, par ton énergie à ne jamais renoncer lorsque l’on touchait aux petits, par ton sens de la justice et surtout par les principes socialistes que tu défendait.
Sans que tu le saches, Georges, tu as eu une grande influence sur ma compréhension de l’idée socialiste et surtout - et cela je tiens à le souligner – de la nécessité de l'action, et ceci, camarade Georges, chez moi comme chez des milliers de militants combatifs. Georges a été pour eux un exemple pour le dévouement et l'aptitude à la lutte socialiste. Jusqu’à un âge avancé, ce qui devait lui en coûter vu son état physique, il est resté actif pour participer à beaucoup d'actions syndicales et à des manifestations. Il s'est opposé avec vigueur au pacte des générations, ce qui n'a plus ni aux patrons, ni à la droite, ni au gouvernement, mais cela Georges s’en moquait.
Le socialisme n’a donc pas été pour notre camarade Georges une notion vaine, mais elle devait être remplie avec les actes, pas de faux slogans, pas justes des mots, mais des actes concrets.
Comme chacun le sait, Georges a toujours lutté contre la toute-puissance - comme il l’a lui-même formulé -du " capitalisme de casino " ; et pour le contre pouvoir structurel du "contrôle ouvrier". Nous devons collectivement être « JE », car la libération de l'individu ne peut être uniquement que le résultat de l'action collective ; comme Georges l’a affirmé. Et au sujet de sa lutte pour une Europe sociale et contre la tyrannie du capitalisme de casino, Georges a dit : « Nous voulons non seulement parler de comment la tarte sera partagée, mais nous voulons aussi parler de comment cette tarte est cuite ».
Lorsque j'ai reçu, il y a quelques années, un coup de fil avec la question de savoir si j’étais d’accord avec Georges Debunne et Lode Van Outrive pour introduire une requête en ce qui concerne la Constitution européenne auprès du Parlement flamand, j'ai été d'accord immédiatement. Je savais déjà trop bien que Georges était un moteur, l’un des plus grands défenseurs, et ce jusqu’au bout, d’une Europe sociale.
Mais pour présenter une requête auprès du Parlement flamand, elle doit être soutenue par quinze mille signatures. Avec Georges, et malgré son âge très élevé et ses lourds problèmes physiques, nous sommes allés ensemble chercher des signatures avec quelques camarades. Il était toujours, assisté avec beaucoup de tendresse par Marie-Paule. Nous allions à l’entrée des entreprises, à tous les rassemblements de foule. Je me rappelle même que nous étions dans le vent et la pluie au Rimpelrock à Hasselt. Rien ni personne ne pouvait l’empêcher d’aller chercher les quinze mille signatures nécessaires.
C’est ce qui caractérise Georges, il a voulu, et malgré son âge avancé et ses lourds désagréments physiques être avec ses camarades dans l'action. Il voulu absolument que cette requête soit traitée au sein du parlement flamand avec l’exigence d'un référendum au sujet de la Constitution européenne. Georges a persévéré dans sa volonté, rien ou personne n'a pu l’empêcher.
Lorsque je fréquentais, ces derniers mois, la maison de Georges et de Marie-Paule avec quelques camarades, c’était chaque fois pour des conversations pour Georges au sujet de la vie, de l’action syndicale et de la politique en général. Jusqu'aux derniers moments de sa vie, il est resté très intéressé aux événements politiques et sociaux.
Plusieurs fois, il a mis l’accent sur la nécessité d’une autre politique. Qu’il fallait lutter contre le néolibéralisme par tous les moyens démocratiques possibles pour la défense des petits. Il défendait cette idée d’une autre politique et encourageait les camarades de se rassembler pour cette idée.
Camarade Georges, tu vas terriblement nous manquer, mais dans nos souvenirs tu continueras toujours à exister comme le militant modèle qui a continué à se battre jusqu'à la fin de sa vie pour les droits des petites gens et pour une Europe sociale.
Adieu Georges.

premier mai 2007