
Appel à l'occupation de l'ONEm ce lundi 3 mai à10h 60 Ch de Charleroi, 1060 BXL
Lançant un appel à la grève des chômeurs, chômeuses et précariséEs, nous savons qu'une idée risque de s'installer chez beaucoup disant que «ces gens-là sont des profiteurs, des poujadistes, des anarchistes, refusent nos valeurs!». Nous leur épargnerons de penser que «une grève des gens qui ne foutent rien» n'a pas de sens.
Appelant à la grève, nous appelons à trouver du sens, caractériser ce qui par et pour nous y participe.
Chasser des chômeurs et chômeuses alors qu'il n'est qu'une offre d'emploi pour vingt n'a pas de sens. Exiger que nous nous mêlions au «tous contre tous» n'a pas de sens. Nous le demander au nom d'une sorte d'entreprenariat personnel n'en a pas plus alors que ce que nous appelions hier «assurance chômage» nous situe souvent sous le seuil de pauvreté et qu'on nous demande non de trouver de l'emploi mais d'en chercher. L'absurde est donc base de ce système.
Nous refusons cette logique où les syndicats, comme Actiris et le Forem, ne font que nous préparer à potentiellement éviter une sanction, sans nous inviter jamais à poser et revendiquer des actes personnels et collectifs.
Nous n'avons pas à être activéEs. Nous sommes actifs, actives dans nos «communs», dans nos communes. Nous sommes actifs, actives, culturellement et politiquement, en tant que personnes, en tant que voisins et voisines. Mais nos structures, politiques et syndicales, ne mettent pas cela en «valeurs», ne prennent pas cela en compte. Un système démocratique ne devrait pas servir à déshumaniser, dresser, exclure des personnes, pas plus qu'à propager tristesse et solitude.
Ce 3 mai, dès 10 heure, pour démarrer cette grève, nous vous invitons à bloquer l'ONEm (60 Ch. de Charleroi 1060 BXL) afin de marquer notre refus de ce non-sens et de cette non politique.
Refusons de nous laisser harceler, mobiliser, culpabiliser, insérer de force. Refusons de nous laisser contrôler et sanctionner. Refusons d’accepter un travail quelconque sous peine de perdre une allocation de survie. Refusons de participer à la pression mise sur les autres travailleurs et travailleuses. Refusons d’avoir honte de ne vouloir, de ne savoir nous vendre à un prix quelconque ainsi qu’au détriment d’autrui et de l’environnement. Refusons de plier devant la raison économique et les guerres capitalistes. Refusons de renoncer à une écologie politique, non partisane, où articuler sphères personnelles et collectives, où participer, proposer et expérimenter des «valeurs» correspondant à nos histoires et cultures, à nos attentes et aspirations personnelles et collectives, refusons de renoncer à un «milieu» où poser des actes «propres».
Contact : Olivier Hofman 0496 902 908 olivier_hofman[at]hotmail.com
Appel à la grève des chômeurs/euses & précaires
Appel à l'occupation de l'ONEm
Infos sur la grève en Belgique:
http://www.cemab.be/news/2010/04/9194.php Infos sur la grève en France:
http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5004 A lire: Etat social-actif, ne pas céder sur nos désirs
Tract à télécharger:
Tract + Appel grève des chômeurs/occupation de l'ONEm (A5 n&b)
Tract + Appel grève des chômeurs/occupation de l'ONEm (A4 n&b)
APPEL à la grève des précariséEs, excluEs et marginaliséEs
Chômeuses et chômeurs, travailleurs et travailleuses précariséEs, «bénéficiaires» d’un revenu d’insertion sociale, retraitéEs en mal de revenus, étudiantEs désorientéEs, personnes «sans papiers», personnes «sans domicile», malades et handicapéEs, excluEs et marginaliséEs,
De nombreux discours, y compris émanant de structures dites d’aide, nous collent des étiquettes négatives, nous commandent de céder au désespoir. Ce qui nous qualifierait, et ce n’est pas qu’un jeu de mots, serait l’ignorance, la fragilité, le manque d’ambition et de volonté, un bas profit tenant du vol de la cité. C’est ainsi que nous sommes définiEs par un système vivant des inégalités qu’il propage et ne nous proposant que la survie ainsi que la soumission à ce jeu de dupes.
Nous avons pu le voir avec Katrina, avec cet hiver manquant de sel en Belgique, avec Xinthia, et ces derniers jours encore avec l’éruption d’un volcan islandais, redécouvrant les images d’états, de structures et d’une civilisation d’une incroyable fragilité, les discours de «responsables» s’enfermant dans le silence et l’opacité. Le Président européen Van Rompuy disait récemment le besoin de prendre des mesures impopulaires, sans citer ni l’une d’elles, ni ce que serait ce «besoin».
Au vu de ce que nous vivons aujourd’hui, nous devons considérer combien les savoirs ne modifient pas la donne. Ce petit monde d’ «ex-pairs», de managers et d’investisseurs se révèle être en échec. Pourtant, c’est ce qui serait notre ignorance, notre fragilité, nos manques d’ambition et volonté qui se trouvent pointés du doigt ! Pourtant, les discours vont à la modification de nos comportements, au contrôle et à la sanction, à la fin des libertés fondamentales, au management politique et social.
Début juillet, la Belgique prendra la présidence d’une Europe créatrice de pauvreté, entendant rappeler que 2010 est année de lutte contre la pauvreté. Allons-nous leur laisser une fois encore la possibilité de s’emparer de nos voix avant que nous ne nous soyons expriméEs ? Allons-nous nous laisser dérober de nos vécus, de ce que nous expérimentons, de nos savoirs et connaissances, allons-nous laisser tomber nos idées, nos convictions, nos croyances, nos opinions dans l’oubli ? Faisons savoir que nous avons besoin de nous exprimer, non d’être entenduEs par eux seuls, nous avons besoin de nous rencontrer, non d’être dirigéEs par eux, nous avons besoin de prendre le temps, non d’être presséEs ! Il ne s’agit pas pour nous de garantir, par la soumission, une paix sociale, mais bien de revenir aux racines de ce qui la nourrira, une démocratique économique, politique et culturel permettant participation et égalité de tous et toutes !
Nous avons besoin d’inventer ensemble une grève des chômeurs et chômeuses, une grève de tous et toutes les précaires. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas d’usine où nous retrouver qu’on ne va pas s’organiser. Mais, ce serait quoi une grève des chômeurs ?
Ca commencerait par un mouvement de refus. Refus de nous laisser harceler, mobiliser, culpabiliser, insérer de force. Refus de nous laisser contrôler et sanctionner. Refus d’accepter un travail quelconque sous peine de perdre une allocation de survie. Refus de participer à la pression mise sur les autres travailleurs et travailleuses. Refus d’avoir honte de ne vouloir, de ne savoir nous vendre à un prix quelconque ainsi qu’au détriment d’autrui et de l’environnement. Refus de plier devant la raison économique et les guerres capitalistes. Refus de renoncer à une écologie politique, non partisane, où articuler sphères personnelles et collectives, où participer, proposer et expérimenter des «valeurs» correspondant à nos histoires et cultures, à nos attentes et aspirations personnelles et collectives, refus de renoncer à un «milieu» où poser des actes «propres».
La grève des chômeurs, chômeuses et précaires, ce serait - dès ce lundi 3 mai - ne pas rester isoléEs, sortir des eaux glacéEs du calcul égoïste dans lesquelles on nous plonge. La grève des chômeurs, chômeuses et précaires se serait décider ensemble d'enrayer une machine à précariser faite pour nous manager à mort.
C’est appeler les travailleurs et travailleuses précaires, les intérimaires en colère, les «intermittents» du spectacle et de l’emploi, les saisonniers et saisonnières, les stagiaires démotivéEs, les étudiantEs désorientéEs, les retraitéEs en mal de revenus, les personnes «sans-papiers», les licenciéEs preneur/preneuses d’otage, les travailleurs et travailleuses forcéEs, malades et handicapéEs, excluEs et marginaliséEs, à être des volcans fraîchement réveillés et, par nos rencontres, échanges et actions, ainsi que par tous les moyens nécessaires, à compliquer la vie de cette structure faite pour nous asservir, à ralentir la marche triomphaliste de «responsables» qui, après avoir volé le Sud, ont perdu le Nord.
Une grève des précariséEs, excluEs et marginaliséEs, c’est nous appeler toutes et tous à retrouver la joie et les conditions nécessaires au développement de nos puissances personnelles, c’est nous inviter toutes et tous à penser, réinventer et unir luttes et résistances, ici et maintenant, dans nos foyers, nos clubs sportifs, nos cafés, dans nos rues, cités, villes et villages, dans nos salles de fête, dans les CPAS, dans nos permanences syndicales, nos universités, sur internet, dans les locaux d’Actiris, du FOREM et de l’ONEm, etc.
Il faut être deux, au moins, pour une différence n’appartenant à personne. Faisons la différence !
n’importe qui
Texte inspiré l’action des chômeurs, chômeuses et précaires en France (vidéo + texte)